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Critique de Vengeance Noire par Priad

Publié le Mercredi 23 janvier 2013

Pour la troisième fois, je tente d’abattre le Métabrutus avec l’aide de Mendrion. D’un violent coup d’estoc plongeant, je transforme une fissure dans le blindage de la bête en ouverture, et la lame se fraie un chemin dans le fouillis de mécanismes et d’organes. Un liquide noir jaillit de cette blessure, sans que je puisse dire s’il s’agit de sang, d’huile ou d’autre chose encore, mais alors que je tente de retirer l’épée énergétique pour enchaîner sur un nouveau coup, elle se coince et je suis obligé d’abandonner mon arme pour éviter qu’une riposte vengeresse ne m’emporte la tête.
Mendrion n’a pas cette chance.

Des Dark Angels, des frères renégats, une gemme puissante que tout le monde recherche, voici le pitch de départ qui servira d’histoire tout au long de ces 126 pages. Une histoire manquant clairement d’intérêt et d’originalité, mais rappelons le, Vengeance Noire c’est avant tout un court roman publié pour accompagner la sortie de la V6, autrement dit la 6ème version des livres de règles, encadrant les parties de Warhammer 40K. Vengeance Noire n’est donc pas un réel roman mais fait d’avantage office de commande de la part de Games Work Shop puisque ce dernier est aussi censé illustrer la boîte du même nom, réunissant donc des figurines Dark Angels contre des frères déchus. Pas étonnant alors que l’on retrouve ces personnages au sein du livre, offrant un peu plus de vie et de relief à ces figurines de plastique.
Inutile donc de crier au scandale en s’apercevant que ce livre écrit par C.Z. Dunn, initialement impliqué dans l’édition et non l’écriture de roman, ne vous fera pas beaucoup voyager et qu’il vous sera vendu la modique somme de 17.50 euros.
Il serait néanmoins péremptoire de ne s’arrêter qu’à cette grotesque présentation ne rendant en rien honneur au livre. Nous ne sommes effectivement pas en face du meilleur ouvrage Warhammer 40K, mais le livre n’a pas de telles prétentions, illustrant de manière convenable un des scénarios disponibles dans la boîte de jeu… une sorte d’add on à l’achat.

Le livre nous mettra donc au côté de Balthasar, Maître de la 5ème compagnie des Dark Angels, envoyé sur le monde de Bane’s Landing afin d’empêcher Le Carnage Pourpre de mettre la main sur une mystérieuse gemme de feu. Même si les tenants et aboutissants ne vous seront révélés que bien plus tard, il est facile de deviner que cet artefact, entre de  mauvaises mains, donnera de mauvais résultats. La partie est donc engagée.

Balthasar à la tête de sa compagnie de Dark Angels, et accompagné par un petit effectif de la Ravenwing, va donc partir à la poursuite de Kranon l’Acharné, le seigneur maléfique du Carnage Pourpre, faisant son possible pour qu’il ne puisse mettre la main sur la gemme de feu.
Il est étonnant que chaque chapitre s’emploi à nous faire vivre l’avancé de l’histoire/la partie à travers différents regards, n’hésitant pas à aborder tour à tour le point de vue du Chapelain-Investigateur Seraphicus, du Sergent Arion de la Ravenwing, avant de nous mettre entre les mains des champions cultistes. Une approche intéressante qui selon moi apporte un peu de fraicheur à l’histoire, qui sans cela serait d’un rare ennuie. L’histoire n’est donc pas passionnante mais cette approche permet dès lors de renouveler notre curiosité à chaque chapitre, en donnant du background à chaque personnage grâce à quelques flash back (dont l’inutilité n’aura échappé à personne). L’emploi (à la mode) du « je » accentue encore notre perception que ces figurines de plastiques sont bien vivantes, même si le procédé est bien moins maitrisé et fait moins d’effet qu’avec les ouvrages de l’Inquisition.
Le style d’écriture n’impressionnera personne tant les pages s’enchainent sans réel surprise et l’on finit par voir le bout du livre très rapidement. L’action est au cœur de l’histoire et certaines descriptions s’en sortent plutôt bien pour nous faire vivre des combats, comme celui impliquant un Métabrutus. Gardons en tête que les dites scènes souffrent de leur caractère hautement descriptive, offrant un tout assez plat comme le souligne l’extrait.
Le fluff est bien présent mais pas autant que l’on aurait souhaité, ce petit roman étant supposé illustrer la dernière édition des livres de règles.
Ce genre de sortie à but mercantile à rarement rendu hommage à l’éditeur et aux autres œuvres Warhammer 40K, comme le fût Space Hulk à son époque. Ne nous étonnons pas dès lors de la faible qualité narrative du livre qui réussit tout de même à étonner de par sa construction et à surprendre en nous offrant un moment de lecture sympa (que l’on oubliera rapidement néanmoins), entre 2 vrais romans Warhammer.

Les plus

  • Donner un peu de vie et de background à ces figurines de plastiques, une idée louable.
  • Quelques bonnes idées de mise en scène.
  • Une structure narrative qui surprend.

Les moins

  • Des scènes d’actions un peu plates.
  • Des personnages loin d’avoir de la profondeur.
2.5/5
Loin d’être indispensable, ce livre aurait gagné à être inclus gratuitement dans la boîte de jeu, car pour un tel produit à un tel prix, la pilule à du mal à passer.